juin
02
2007
2 juin, 22h
La soirée d’hier a tenu ses promesses. Un iguane aux veines flamboyantes, Justice était tellement… juste. Dire que d’ici quelques minutes la vague orientalisante d’Asian Dub Foundation va déferler jusqu’à Cudrefin. Achtung tsunami. On croit rêver. Et pourtant c’est bien là, chez nous. Allez hop, on rallume!
juin
02
2007
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Ils sont sept. Ils nous viennent de Turin. Ils déambulent sur le site de Festi’neuch. D’un coup de cuivre ou de tambour, ils nous transportent fissa sur une piazza italienne. Interview décalé décalqué avec trois des membres du groupe: Davide, Alberto et Gipo.
Qu’est ce que vous faites comme musique?
C’est du happy ethno funky latte jets.
Latte Jets?
L’un d’entre nous est livreur de lait à Turin. Lire l’article…
juin
02
2007
Le dos qui craque, la tête qui tape? La soirée d’hier a laissé quelques mauvaises traces alcoolisées dans votre métabolisme? Vous êtes tombé de la grande scène au concert d’Iggy Pop? Un massage et ça repart. Patricia et Bernadette, deux charmantes physiothérapeutes alternatives vous proposent vingt minutes de bonheur pour quelques vingt petits balles sous le saule pleureur.
Pas besoin de se mettre à poil ou de s’applatir. Il s’agit d’une technique de massage assis issue de l’art traditionnel japonais d’accupression. Tout un programme.
Et si vous êtes bénévole sur le site de Festi’Neuch, vous avez droit à une thune de ristourne en plus.
juin
02
2007
Les attentifs auront remarqué à la tribune VIP de la grande scène la présence discrète du grands manitou du Montreux Jazz Festival. Claude Nobs, coiffé d’une jolie casquette old-fashioned beige et blanche, a vraisemblablement fait le voyage depuis la Riviera vaudoise pour assister au show de son contemporain Iggy Pop. Interrogé sur la prestation de l’iguane, Claude Nobs ne fera pas plus qu’un simple hochement positif de tête. Un petit regret, peut-être, d’assister à ce concert sur le Jeunes-Rives plutôt qu’à l’auditorium Stravinski.
juin
02
2007
juin
02
2007
La star Iggy Pop et son band, « Les Stooges » (lire l’interview paru dans L’Express du 30 mai), n’ont pas été intimidés par le temps quelque peu belliqueux de la soirée.
Torse nu, « l’iguane » a balancé son rock old school avec une énergie telle, que le petit monde de Festi’neuch semblait décidément moins grisâtre.
Remplaçant même la pluie par de la sueur, Iggy a entrepris de faire grimper les festivaliers sur scène, la chaleur montant d’un cran par la même occasion.
Visionnez cette vidéo sur video.lexpress.ch
juin
02
2007
C’était sous une pluie battante que les excités de Houston Swing Engine ont entrepris de réchauffer le coeur des festivaliers quelque peu transi par le froid.
Produisant un son rock dur, qui tranchait avec l’ambiance plus tranquille qui régnait jusque là, le combo a littéralement mis le feu aux poudres, faisant tourner la tête de notre Festi’neuch.
Finalement, Houston tout va bien!
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juin
02
2007
Jean-Luc Wenger
Il faut d’abord franchir la gouille avant d’atteindre la petite plage de galets et ses canapés colorés. Sous un parapluie, les yeux dans le bleu du lac, on observe le bleu très foncé de l’étendue, miroir du ciel gris, hier soir sur les Jeunes-Rives. L’ouverture des portes a été repoussée d’une heure, on s’affaire dans tous les coins, on installe les panneaux «infirmerie». De l’échoppe à thé s’échappe des parfums sucrés. Le Phare voisin, et sa chauve-souris publicitaire, plonge dans l’eau. Les pieds dans l’herbe humide, on goûte au concert-apéro. Au Lacustre, la petite scène, le groupe Ellipse attaque son concert devant un public clairsemé. Les fidèles du groupe régional se massent devant la scène, les curieux bravent la pluie et se joignent aux premiers rangs. Un peu diluée par les flots de la section rytmique, la voix de Bernt se perd parfois. Pourtant, le chanteur se démène et convainc. Sur la chanson «Supermusée», il se juche dans un caddie géant qui donne tout son sens au texte. Il dit: «aujourd’hui jour de pluie revient la nostalgie». Pas sûr, la nuit attend l’Iguane.
juin
02
2007
Nouvelle Vague, un concept devenu groupe au fil des concerts, ne laisse personne indifférent. Entre blasphème et génie, certains préfèrent se laisser bercer par leurs mélodies langoureuses alors que d’autres se tournent avec mélancolie vers les années où le rock et la pop étaient teintés de noir. Ce concept ambitieux consiste à réorchestrer de grands titres new wave en version bossa-nova.
Le nom était donc tout trouvé pour Marc Collin, Olivier Libaux et leurs collaboratrices. Mais tout cela à de quoi laisser sceptiques les fans de Cure, Joy Division ou de Souxsie and the Banshees. En effet, pour beaucoup, la new wave demeure la bande son idéale des tourments existentiels et échanger le khôl noir contre une crème autobronzante peut paraître pour le moins incongru.
Pourtant en deux albums, Nouvelle Vague a repris avec un indéniable talent «Love Will Tear Us Appart» de Joy Division, «Bela Lugosi’s Dead» de Bauhaus, mais également les plus synthétiques «Just Can’t Get Enough» de Depeche Mode ou «Fade to Grey» de Visage. Explorant les diverses faces de la new wave et de ses dérivés, ils n’épargneront personne, de New Order à Killing Joke, des Sisters of Mercy aux Lords of the New Church, sans pour autant verser dans l’iconoclasme.
A revêtir Ian Curtis d’une chemise hawaïenne et faire bronzer les corbeaux, la musique perd de son intensité, mais gagne en sérénité et apaisement. Malgré les apparences, le concept conserve une certaine sincérité. En effet, tant qu’à composer de la pop référencée, autant piocher dans les formules dont l’efficacité a fait ses preuves et miser sur un décalage rafraîchissant.
Nouvelle Vague est au demeurant une excellente manière de (re)découvrir des groupes trop vite oubliés ou d’autres relégués à tort au musée du post-punk et de déprimer le sourire aux lèvres. Il est à parier que soleil et brouillard se disputeront l’ambiance de Festi’neuch demain. / vdt
juin
02
2007
Lole (photo David Marchon), fille d’ici qui distille de la pop bien arrangée, lucide et souriante pour ouvrir un festival arrosé. Des musiciens engagés pour proclamer des débuts mouvementés.
Elle vient d’ici, elle jouait sur la petite scène de la Patinoire dans un coin de béton, c’était il y a pas longtemps et il y a très longtemps aussi. Le festival se nommait Festi’neuch, Olivia Pedroli débutait avec ses chansons tremblantes ramenées de Nouvelle-Zélande. Ils ont grandi. Olivia, petite fille introvertie sillonne la Suisse et un bout d’ailleurs, en Lole nouvelle égérie pop avec son album «Sugary and dry» arrangé par Simon Gerber avec une élégance blues velours côtelé. Le festival se passe désormais au bord de l’eau dans la verdure.
Lole chante son monde de paillettes et d’ordures colorées alors que des trombes d’eau tombent sur le chapiteau. Mais eux, cette bande d’iconoclastes qui l’entourent, ne s’en soucient guère. Une famille souriante et décomposée avec l’aîné Daniel Perrin qui criait dans des théâtres: «C’est mon gamin!», avec Lee Madeford, qui accompagne aujourd’hui la mutine rouquine. Avec un orgue nommé Hammond, qui provoqua bien des désirs jadis dans les sixties. Perrin sait créer des climats, «une théorie des nuages», comme l’écrivait Stéphane Audeguy. Toute la musique de la dame frétille avec cette douceur profonde qui caractérise sa manière d’être qui clame haut et fort qu’elle s’en fout sans jamais oublier la «popérisation» sans posture, cette manière de donner la fragilité du monde version esthétisée. Parfois la langue s’attarde sur la sucette et on s’ennuie un peu devant cette brochette de rythmes trop bien faits.
Mais le plus souvent on se sent bien, avec Raphaël Pedroli, le frangin, qui se la joue Jo Jo Meyer avec classe et entrain. Comme le Zurichois de New York, il peint de la musique soft avec ses atouts de jazzman décomplexé.
A la guitare, Simon Gerber plane sur le Mississippi avec des couleurs, de l’ocre, du soleil presque Cézanne revisité par Elvis. Et puis Julien Revilloud à la basse, lui, le guitariste, le Wayne Krantz extraverti nous fait une rythmique de velours. On est du côté de chez Lole où on ferme les yeux, bercé par la voix joueuse et enjouée, mélancolique et attendrie. Tu veux une berceuse? Voici «Please», un hymne doux à la volupté, comme si James Brown avait oublié le refrain et qu’Ani di Franco venait aider en militante, en cousine.
Il y a tout de cela chez Lole, un voile obscur sur le regard, une capacité à vitaliser les coins sombres avec ce soleil dans le cœur qui apparaît qui nous contamine avant les effluves punks d’Iggy et les basses amplifiées à mort, juste de la douceur en intraveineuse assumée, lyrique et adéquate.
Un concert de velours, avec cette sincérité qui la définit et qui chante la vie à plein poumons avec timidité quand même. Une ouverture clame et rageuse, un clin d’œil au ciel.
Alexandre Caldara
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